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A Touch of sin

Réalisé par Jia Zhang Ke
Chine - 2013 - 2h13
Sortie le 11 décembre 2013 (Ad Vitam)
Prix du scénario / Sélection officielle - Festival de Cannes 2013 / Soutien AFCAE

Dahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, décide de passer à l’action. San’er, un travailleur migrant, découvre les infinies possibilités offertes par son arme à feu. Xiaoyu, hôtesse d’accueil dans un sauna, est poussée à bout par le harcèlement d’un riche client. Xiaohui passe d’un travail à un autre dans des conditions de plus en plus dégradantes. Quatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence.

(…) A côté de Dahai le vengeur, on suit le sort d’un migrant qui vit de meurtres rémunérateurs, d’une femme qui devient criminelle sans le vouloir et d’un presque ado à qui la société refuse tout ce qu’il espère : ce sont ces quatre destins qui dessinent la trame de A touch of sin.
Dans ses documentaires (24 City) ou ses fictions (Still Life), Jia Zhang Ke a toujours saisi le mal-être de la Chine. Toute son oeuvre repose, donc, sur la mélancolie et la déshumanisation. La mélancolie, on la retrouve chez l’ado de l’épisode 4, moralement harcelé au point de renoncer à vivre. La déshumanisation, elle, est partout. Si ce n’est que le cinéaste l’exprime de façon moins éthérée, moins discrète que d’habitude. Au lieu d’imploser, elle explose. D’où cette certitude : à force d’humiliations, chacun cède à la violence. Pas moyen d’y échapper...
(…) Le film a pour titre A Touch of sin. Il y aura, donc, sans doute – après le péché –, et le remords et la culpabilité. Mais, ce que décrit le réalisateur, c’est le moment où l’on ne songe qu’à à faire expier aux autres le mal qu’ils ont fait. L’instant où tout bascule. La seconde où l’on accepte de devenir un monstre comme les autres au nom du Bien : des problèmes qui se posent, non seulement à la Chine, mais au monde. C’est l’air du temps qui coule dans les images d’A Touch of sin...

Pierre Murat – Télérama


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