Accueil du site > Aller au ciné > Nous aimons > Cold in july

Cold in july

Réalisé par Jim Mickle
USA - 2014 - 1h37
Sortie le 31 décembre 2014 (The Jokers / Le Pacte)
Quinzaine des réalisateurs – Festival de Cannes 2014

1989. Texas. Par une douce nuit, Richard Dane abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, il est malgré lui entraîné dans un monde de corruption et de violence.

P.-S.

Dès son deuxième long, Stake Land, Jim Mickle décrivait un monde où régnait la sauvagerie. Sous des dehors contemplatifs et mélancoliques, Stake Land montrait la violence brute des vampires et humains qui peuplaient son Amérique post-apocalyptique. (...)
Puis vint We Are What We Are qui porta à un point de rupture l’adjonction du contemplatif et de l’horreur sans véritable point d’ancrage affectif. (...) Mais malgré la beauté plastique de ses bandes et leur force symbolique, le jeune cinéaste demeurait handicapé par le genre qu’il avait élu, cloisonnant son succès aux festivals de fantastique.

Son incursion dans le film Noir pourrait bien changer la donne. Mickle et son inséparable acteur/co-scénariste Nick Damici en tirent logiquement un film pessimiste et violent mais toujours porté par le point de vue de l’innocent projeté dans un monde qui n’est pas le sien.

Juillet De Sang déroute, ouvrant des voies qu’il emprunte en fait peu pour mieux explorer un traitement qu’on n’aurait pas soupçonné. Le récit débute comme un thriller paranoïaque. Etouffante, cette première partie nimbée de notes carpenteriennes et d’apparitions fantomatiques confirme l’attachement du réalisateur au fantastique. (...)

Mais cette première partie dissimule un tout autre intérêt, car c’est vers James Ellroy que Mickle lorgne par la suite avec la réunion de trois personnages d’horizons divers amenés à opérer leur propre justice. (...) Un intérêt pour les névroses de ses personnages qui n’empêche pas quelques notes d’humour sur les particularités de son trio d’enquêteurs, allégeant considérablement la noirceur de ce Juillet De Sang. Un compromis qui rend cette descente aussi attachante que l’était la traversée de Stake Land, toute proportion gardée de par la gravité de son sujet.


Guénaël Eveno – louvreuse.net


Espace adhérents | | @elastick.net