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La Chambre interdite

Réalisé par Guy Maddin et Evan Johnson
Canada - 2015 - 1h59
Sortie le 16 décembre 2015 (ED Distribution)
Soutien GNCR

Dans le sous-marin SS Plunger, l’oxygène se fait rare. Le compte à rebours vers une mort certaine est enclenché. L’équipage cherche en vain le capitaine, le seul capable de les sauver. Soudain, de manière improbable, un bûcheron perdu arrive parmi eux et leur raconte comment il a échappé à un redoutable clan d’hommes des cavernes. Sa bien-aimée à été enlevée par ces hommes féroces, et il est prêt à tout pour la sortir de là.
Embarquez dans le SS Plunger et faites le tour du monde des paysages oniriques, dans un tourbillon d’aventures peuplées de femmes fatales, de fous à lier et d’amoureux transis.

Guy Maddin a beau avoir co-réalisé ce onzième long métrage avec un quasi-inconnu, sa folie n’y est en rien diluée. Au contraire, La Chambre interdite c’est du Guy Maddin², à la fois encore plus ambitieux et zinzin que ses précédents films. Les récits de Maddin ont souvent ressemblé à des sortes de rêves inquiets, déterrés d’on ne sait trop quel inconscient, comme remontés à la surface depuis le fond des âges. Des films fantasmagoriques qui ne ressemblent qu’à aux mêmes, où les portes d’entrée et de sorties ne sont jamais évidentes.
(…) Mais il s’agit surtout d’un film qui bouillonne comme jamais. Un maelstrom qui, pour peu que l’on accepte de se laisser immerger, offre en retour monts et merveilles d’histoires et de cinémas. Tel un gigantesque coffre à trésor rempli de contes mélangés, l’ensemble fonctionne sur le modèle du récit dans le récit dans le récit, ou plutôt du rêve dans le rêve (…)
La Chambre interdite serait sans queue ni tête sans cette grande cohérence de style. Le style unique de Maddin, marmite de daguerréotypes et de lanterne magique, passant du parlant au muet, où surgissent des intertitres et des panneaux, où le nom des acteurs s’inscrit à l’écran à leur première apparition. Et quels acteurs d’ailleurs. Un casting all-star pour un film qui est pourtant l’antithèse du star vehicle, où le montage syncopé, les images déformées et décolorées laissent peu de place aux numéros d’acteurs. (…) Une raison de plus de ressentir un vertige certain face à ce film inclassable, qui menace sans cesse de nous noyer mais qui au contraire nous élève. (…) Un film qui donne au final l’ivresse des sommets. Combien d’autres peuvent s’en vanter ?

Grégory Coutaut – Filmdeculte.com


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