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La Sociologue et l’ourson

Réalisé par Etienne Chaillou et Mathias Théry
France - 2015 - 1h18
Sortie le 6 avril 2016 (Dock 66)

De septembre 2012 à mai 2013, la France s’enflamme sur le projet de loi du Mariage pour tous. Pendant ces neuf mois de gestation législative, Ia sociologue Irène Théry raconte à son fils les enjeux du débat. De ces récits nait un cinéma d’ours en peluches, de jouets, de bouts de cartons. Portrait intime et feuilleton national, ce film nous fait redécouvrir ce que nous pensions tous connaître parfaitement : la famille.

La sociologue et l’ourson, c’est un peu « Le mariage pour tous pour les nuls » ! En vedette, Irène Théry, éminente sociologue qui a eu l’oreille du président Hollande sur la bataille du mariage pour tous contre la bande à (Frigide) Barjot, accepte de jouer les mamans pour raconter à son (vrai) fils, réalisateur dans la vie, le roman du mariage homosexuel. Mathias Théry et Etienne Chaillou, déjà auteurs de Cherche toujours ou de la websérie J’ai rêvé du Président pour ARTE, ont remis le couvert pour retracer l’année de lutte qui a vu poussettes et ballons roses et bleus affronter les fougueux baisers publics des couples homosexuels. Produit par Quark et diffusé en clôture et en plein air, le film a majoritairement ravi le public avec son choix de l’humour et de l’animation. Car si Irène Théry apparaît dans le film, elle est bien plus souvent « marionnetisée » que filmée. Sa marionnette à collier de perles lui ressemble d’ailleurs, avec une forme de bonhomie maîtresse d’école sur laquelle le réalisateur a joué pleinement pour construire son film. En l’appelant régulièrement pour qu’elle résume la substantifique moelle des débats et qu’elle développe le contexte historique du mariage, le réalisateur a mis en scène avec Etienne Chaillou un monde minimaliste de marionnettes et de jouets filmés, où David Pujadas apparaît sous la forme d’un oiseau qui pépie – sûrement la plus cocasse des trouvailles. La forme tient de la chronique où l’on peut malheureusement mesurer que l’animation vaut mieux que les échanges (parfois de basse-cour) qui ont lieu dans les loges de maquillages des télévisions ou à l’Assemblée Nationale. La séquence la plus drôle reste certainement celle où Irène Théry, au téléphone dans sa voiture, se verrait bien prendre la place de son fils pour réaliser le film. A cet endroit, le documentaire se fait plus tendre, comme une ouverture vers l’intime. La fin en forme de happy end laisse le goût bien connu d’une forme de consensus, où les pro-mariage pour tous sont les gentils et les anti- les méchants. Même si l’on a priori est tenté de penser ainsi, on peut regretter que le film ne laisse pas davantage la place à une réflexion un peu différente sur la question.

Nicolas Bole – Le Blog documentaire


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