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Les Ogres

Réalisé par Léa Fehner
France - 2015 - 2h24
Sortie le 16 mars 2016 (Pyramide Distribution)
Soutien AFCAE

Ils vont de ville en ville, un chapiteau sur le dos, leur spectacle en bandoulière. Dans nos vies ils apportent le rêve et le désordre. Ce sont des ogres, des géants, ils en ont mangé des hommes, des femmes, des enfants, du théâtre et des kilomètres. Fiers et déjantés, ils vivent en tribu, mélangeant famille, travail, amour et amitié sans jamais se préserver. Mais le retour d’une ancienne amante et l’arrivée imminente d’un bébé vont raviver des blessures que l’on croyait oubliées. Qu’à cela ne tienne, les ogres préfèreront toujours mordre que de reconnaître qu’ils sont blessés. Alors que la fête commence !

Le deuxième long métrage de Léa Fehner (après Qu’un seul tienne et les autres suivront en 2008) a ceci de particulier qu’il entre dans l’intimité profonde d’une troupe de théâtre qui existait déjà auparavant. La metteur en scène met en effet ses parents au milieu du film, non seulement en les faisant jouer, mais aussi en reprenant nombres d’anecdotes familiales qui ont jalonné 25 ans de carrière. Il en sort une oeuvre riche et foutraque, à la fois réjouissante et sensible, intelligente et fine.
Les deux histoires principales se répondent régulièrement sans jamais se marcher l’une sur l’autre. (…) Ces histoires intimes sont tout autant de prétextes pour narrer les origines et les galères de chacun des personnages se retrouvant itinérant. Car là est bien le fond du film. La fuite constante dans le spectacle et dans le rêve fabriqué empêche de temps en temps de se retrouver cloué par les problèmes du quotidien, aussi sombres soient-ils. A la manière d’un Fellini, la réalisatrice peint un tableau mélancolique d’individus à fleur de peau qui ont pourtant conscience de leur sort, et qui font tout pour respecter les limites du groupe. Pour mieux survivre et oublier leur statut de galérien.
Les acteurs sont excellents, notamment ceux qui créent les deux couples. François Fehner et Marion Bouvarel d’un côté, Marc Barbé et Adèle Haenel de l’autre. (...) La mise en image, majoritairement en steadicam, est extrêmement dynamique, rude, liant ou déliant les personnages entre eux, dans une grande forme régulatrice et nécessaire.
(…) L’existence coulant comme un flot aux vagues incertaines, les artistes sont montrés ici comme les premières victimes de leurs émotions et de leur égo. Le groupe et la famille sont donc proposés par le film comme autant de solutions au vide existentiel et à la folie. 
 

Chris Huby – Ecrans large


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