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Ni le ciel ni la terre

Réalisé par Clément Cogitore
France - 2014 - 1h40
Sortie le 30 septembre 2015 (Diaphana)
Semaine de la Critique - Festival de Cannes 2015
Soutien GNCR

Afghanistan 2014. A l’approche du retrait des troupes, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de contrôle et de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan. Malgré la détermination d’Antarès et de ses hommes, le contrôle de ce secteur supposé calme va progressivement leur échapper. Par une nuit de septembre, des soldats se mettent à disparaître mystérieusement dans la vallée.

L’exploration de réalités secrètes et parallèles, la frontière et la circulation entre le monde des morts et des vivants, disparition et réapparition : voici quelques constantes qui peuplent les courts de Clément Cogitore. Le passage au format long ne change pas l’imaginaire du cinéaste, qui s’attache ici à l’idée d’évaporation des êtres. Où sont ceux qui ont disparu ? Voilà une question aussi bête que vertigineuse, sur laquelle planche l’humanité depuis un bon moment. Aussi on sent combien Clément Cogitore fait de cette question un symptôme tenant dans une interrogation : qu’est-ce que fabriquent – concrètement, mentalement, spirituellement – ceux qui, exposés à la disparition, restent ?
(…) Le propos est pour le moins ambitieux – disons qu’il invite à la métaphysique –, et l’on apprécie qu’il entre en résonance avec de véritables propositions plastiques. C’est notamment le cas de l’appréhension des paysages (le tournage s’est déroulé dans le massif de l’Atlas au Maroc), d’emblée saisis comme une force tellurique propice à engloutir les hommes – et il sera question d’une caverne souterraine. Aussi le film est émaillé de plans épousant le point de vue des jumelles infrarouges, dont le régime d’image semble désigner le devenir spectral de la figure humaine – élément que l’on peut considérer comme un propos plus général sur la virtualisation des existences de nos jours. Clément Cogitore impulse aussi régulièrement un élan lyrique (au sens propre avec l’utilisation de la musique), jusqu’à des formes de transe.
(…) Par ailleurs, une évidente conviction dans la manière d’explorer les voies de la fiction émane de Ni le ciel ni la terre, ainsi qu’un fort désir d’expérimentations visuelles et narratives. Bref, les promesses campent fièrement face aux quelques écueils.

Arnaud Hée – Critikat.com


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