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Omar

Réalisé par Hany Abu-Assad
Palestine – 2013 – 1h37
Sortie le 16 octobre 2013
Prix du Jury Un Certain Regard – Festival de Cannes 2013

Omar vit en Cisjordanie. Habitué à déjouer les balles des soldats, il franchit quotidiennement le mur qui le sépare de Nadia, la fille de ses rêves et de ses deux amis d’enfance, Tarek et Amjad. Les trois garçons ont décidé de créer leur propre cellule de résistance et sont prêts à passer à l’action. Leur première opération tourne mal. Capturé par l’armée israélienne, Omar est conduit en prison. Relâché contre la promesse d’une trahison, Omar parviendra-t-il malgré tout à rester fidèle à ses amis, à la femme qu’il aime, à sa cause ?

Etonnant cinéaste, Hany Abu-Assad. Très doué et pourtant encore à la recherche d’une reconnaissance, d’une carrière. On avait un peu perdu de vue ce Palestinien (né à Nazareth en 1961) depuis « Paradise Now » (2005), film-choc sur des kamikazes partis se faire exploser dans des bus israéliens et soudain freinés dans leur élan, hésitant alors que le compte à-rebours des bombes est lancé. Suspense et réflexion, effets de cinéma et politique : « Omar », présenté à Un certain regard, revient à la même veine, comme à un bon filon. Ce mélange des genres n’est pourtant pas une recette facile.
(…) Le récit que met en place, assez brillamment, Hany Abu-Assad mêle situations de guerre et guerre des gangs, soupçons, infiltration, manipulation. Ce sont là d’authentiques ingrédients du cinéma de genre, réunis par un metteur en scène qui sait superbement filmer, à la fois doué pour regarder les visages et pour emballer une course haletante à travers des ruelles. Ces qualités sont ici mises au service d’un propos qui touche une vérité délicate et n’a donc absolument pas l’innocence du cinéma d’action.
C’est une place un peu impossible que revendique Abu-Assad : on pourra toujours lui dire qu’il est trop dans l’efficacité et pas assez dans la subtilité de l’analyse politique. (…) Mais avec sa façon de n’être ni uniquement dans le cinéma d’auteur ni uniquement dans le cinéma commercial, Hany Abu-Assad signe en tout cas un bon film. Souvent captivant et qui réussit à rappeler la violence de son propos dans son tout dernier plan. De quoi vous donner à réfléchir pour de bon après un bon moment de cinéma.
Frédéric Strauss –Télérama


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