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Tempête

Réalisé par Samuel Collardey
France - 2015 - 1h529
Sortie le 24 février 2016 (Ad Vitam)
Prix Orizzonti du meilleur acteur / Mostra de Venise 2015
Soutien AFCAE
Aide à la production Région Pays de La Loire

À 36 ans, Dom est marin pêcheur en haute mer et ne rentre que quelques jours par mois à terre. En dépit de ses longues absences, il a la garde de ses deux enfants. Dom fait tout pour être un père à la hauteur. Il rêve même d’avoir sa propre affaire, un petit bateau de pêche à la journée qu’il exploiterait avec son fils. Assez grands pour s’assumer, Maylis et Mattéo n’en sont pas moins deux adolescents qui font leurs propres expériences. L’une d’elles, malheureuse, va forcer Dom à faire un choix entre son métier au grand large et sa vie de famille.

Samuel Collardey revient avec Tempête à un principe sur lequel il avait basé la réussite de son premier long métrage L’Apprenti (2008). Soit la direction d’interprètes principaux non professionnels rejouant leur propre rôle suivant un scénario aussi proche que possible de leur vie réelle. (…) Bonne surprise : en renouant avec ce principe de source réelle, Collardey retrouve également l’acuité de regard qu’on a connue à ses débuts.
Les prémices scénaristiques sont aussi simples, voire proches des clichés d’un certain genre de fiction, que dans L’Apprenti. (...) Comme aux origines, Tempête fait mine d’emprunter les rails d’un genre balisé mais en déjoue discrètement les attentes, tirant des situations et des acteurs-personnages un effet de réel qui va à l’encontre des lieux communs de la dramaturgie.
(…) Il y a à l’œuvre une justesse d’écriture et de direction d’acteur, mais aussi une honnêteté du regard de la caméra qui traite toujours ses personnages avec le respect dû à la part de réel qu’ils sont. La part documentaire affleure même particulièrement quand certains personnages filmés parlent, et que leur parole fait l’effet d’un témoignage sur leur existence. Une fiction respectant son matériau réel : c’est la plus-value de Tempête et de L’Apprenti, mais aussi leur limite. Collardey, confiant dans la matière cinématographique inhérente au réel qu’il exploite, restreint à dessein sa marge de manœuvre pour en créer. Sa mise en scène, cherchant une proximité respectable avec ses acteurs, reste d’une certaine façon à la remorque de son matériau, si bien que son cinéma n’atteint pas la force qu’on pourrait attendre de ses sujets, de sa méthode. Il n’en demeure pas moins que ses capacités d’écoute, de respect, de mise en évidence de ce qui échappe à la dramaturgie la plus balisée, sont des plus bienvenues.


Benoît Smith – Critikat


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