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Wrong Cops

Réalisé par Quentin Dupieux
France - 2013 - 1h25
Sortie le 19 mars 2014 (UFO Distribution)

Los Angeles 2014. Duke, un flic pourri et mélomane, deale de l’herbe et terrorise les passants. Ses collègues au commissariat : un obsédé sexuel, une flic maître chanteur, un chercheur de trésor au passé douteux, un borgne difforme se rêvant star de techno…
Leur système fait de petites combines et de jeux d’influence se dérègle lorsque la dernière victime de Duke, un voisin laissé pour mort dans son coffre, se réveille.

Les films de Quentin Dupieux se suivent, et si leur esthétique et leur sens de l’absurde sont immédiatement reconnaissables, peut-on dire qu’ils se ressemblent pour autant ? Les idées de Dupieux semblent venir de nulle part, et pourtant elles forment à chaque fois un ensemble cohérent, créant leur propre logique dans une sorte d’hyperréalisme où tout peut arriver. Wrong Cops était à l’origine un court métrage présenté en 2012 à la Semaine de la Critique. Ce long-métrage en est moins une version rallongée qu’une version éclatée. Autour d’une trame narrative mettant en scène un magazine porno gay et un flic dealer cachant sa came dans des rats crevés, le film déploie une panoplie de personnages improbables. Chacun a droit à sa scène, sans forcément de rapport avec le coeur de l’intrigue, donnant à l’ensemble une forme beaucoup plus éclatée que dans Wrong ou Rubber. Ce que le film gagne en scènes comiques, il le perd un peu en clarté.
Dupieux confirme par contre qu’il est un excellent directeur d’acteur. De Marilyn Manson à Eric Judor ou Ray Wise, en passant par Roxanne Mesquida ou Grace Zabriskie dans des apparitions plus brèves, le casting ne se réduit pas à un collage-gag branché. En ado timide ou flic difforme, chacun est excellent, souvent dans un registre qui lui est propre. (…) Tout comme dans leurs précédentes collaborations, Eric Judor confirme qu’il est très drôle en langue anglaise, avec sa gêne et sa diction particulière. C’est pourtant Mark Burnham qui se taille le morceau de choix avec un personnage tyrannique et effrayant, proche du monstrueux, à l’injustice si brutale qu’elle bascule vers le malaise et le rire jaune. Paradoxalement, c’est presque le point noir d’un film qui, parmi la filmographie de son auteur, est celui qui ressemble le plus franchement à une comédie.

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